La téloche et mes étonnantes découvertes (2)

Après le Birobidjan, voici une autre découverte que la télévision m'a permis de faire...

Incas, Mayas, Aztèques, ce sont les peuples les plus connus de l'Amérique pré-colombienne. On sait aujourd'hui qu'il y avait une multitude d'autres cultures dont nous avons souvent perdu la trace car elles ne pratiquaient pas la tradition écrite. Comment imaginer leur splendeur, comprendre les causes de leur affaiblissement, de leur déclin et enfin leur disparition bien avant le génocide espagnol?

Au hasard d'un zapping sur la chaîne ARTE, j'ai découvert le peuple Moché, les Mochicas... 

Leur capitale, surmontée d'une pyramide gigantesque, aurait été abandonnée suite à une révolte du peuple contre une vague de sacrifices humains. On note une érosion notable du monument aux alentours de l'an 600 de notre ère, ce qui correspond à un terrible épisode del Niño (déjà lui!). Pour tenter d'enrayer le phénomène climatique, les prêtres organisèrent des milliers de sacrifices humains, sans résultat. Le peuple alors se souleva et chercha à reconstruire une société libérée du pouvoir religieux sanguinaire... Sans succès, la civilisation si brillante disparut.

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Un peu d’histoire sur la civilisation mochica

« La côte nord du Pérou est une région aride, périodiquement dévastée par le phénomène climatique El Niño. Quand ce courant marin chaud atteint le rivage, des pluies torrentielles s'abattent et provoquent des crues catastrophiques. C'est dans cet environnement hostile qu'a prospéré la civilisation Moche (ou Mochica) entre l'an 100 et l'an 700 de notre ère. L'origine de ce peuple contemporain des Mayas est assez mystérieuse, ce qui ajoute à sa magie et à sa légende. La tradition orale prétend qu'ils seraient descendus en radeau du nord, c'est-à-dire de Colombie ou d'Amérique centrale.
La vallée de Lambayeque, à environ 800 kilomètres au nord de Lima, fut un des centres de la culture Mochica. Les Moche étaient des grands bâtisseurs. Ils ont conçu des pyramides à degrés en adobe d'une taille stupéfiante pour l'époque. Ces constructions nécessitaient des millions et des millions de briquettes d'argile séchées au soleil.
Comme la plupart des sociétés précolombiennes, la société Moche était très hiérarchisée. Au sommet siégeait un seigneur, considéré comme un demi-dieu. Venaient ensuite les prêtres, les guerriers, les administrateurs. Puis les artisans, les commerçants, les bâtisseurs, les pêcheurs et les paysans. Les pyramides abritaient les salles de prière et les autels sacrificiels, les espaces de vie du seigneur et des prêtres, les salles de réception et de conseil. Plus on occupait un rang important, plus on habitait près de la pyramide. Pour apaiser les dieux constamment affamés de chair et de sang, il convenait de les nourrir. Les victimes avaient soit la gorge tranchée, soit le crâne défoncé à coups de masse. Les nobles s'offraient parfois en sacrifice en se tranchant les jugulaires, des filles vierges se jetaient aussi du haut des falaises. Pour les aider à franchir le pas, elles absorbaient un philtre obtenu à partir d'un cactus des Andes riche en mescaline, qui les plongeait dans une ivresse hallucinatoire. Etre sacrifié était un honneur. L'ingratitude du littoral nord péruvien semble avoir stimulé la créativité des Moche. Ils avaient mis au point un système de culture hydraulique élaboré, leur permettant de cultiver deux fois plus de terre qu'aujourd'hui dans ces mêmes régions. Outre le maïs, ils connaissaient la pomme de terre, les quinoas riches en protéines, quantité d'autres plantes nutritives, les lamas pour la viande, et leur alimentation était bien plus riche que celle des Mayas, à la même époque. Les Moche croyaient à la vie après la mort. Ils étaient enterrés avec toutes leurs possessions. Pour leur dernier voyage, les personnages importants étaient accompagnés de leurs épouses, de leurs concubines, de leurs serviteurs et de leurs gardes, sacrifiées contre leur volonté ou non. La présence de trésors à quelques mètres sous terre fait que le paysage, vu d'avion, ressemble parfois à une zone crevassée par les bombes. Chaque excavation correspond à une tombe profanée, de nuit, par les huaqueros, les pilleurs de sépultures. C'est l'un de ces voleurs qui a découvert le plus important complexe funéraire de la culture Mochica, non loin du village de Sipán, en 1987. Un de ses comparses se souvient de la terreur sacrée qu'ils éprouvèrent tous cette nuit-là, quand ils commencèrent à remonter des masques et des bijoux en or. Ces objets somptueux furent retrouvés par la police dans la maison du chef des huaqueros et, depuis, l'archéologue Walter Alva fouille cette nécropole, considérée comme la plus grande découverte depuis celle du Machu Picchu. Une des tombes les plus riches est celle d'un personnage qui régna probablement aux alentours du IIIe siècle, à qui les chercheurs ont donné le nom de Seigneur de Sipán. Douze autres tombes appartenant à de hauts dignitaires ont été exhumées, contenant des parures, des céramiques, des masques, des poteries à effigie d'une expressivité extraordinaire. Certaines nuits, les archéologues ont dû repousser les attaques des pillards pour sauvegarder ces trésors. Ils se trouvent aujourd'hui exposés dans le Musée des Tombes royales de Sipán ».

Voici ce documentaire étonnant!

C'est l'archéologue belge Peter Eeckhout qui y dévoile les plus grands chantiers de ces dernières années et leurs extraordinaires découvertes. 

 

                   

Commentaires

  • Pas moche du tout, cet intéressant récit ! Nous avons exploré la civilisation Maya de long en large au Yucatan en 2008 pour nos noces d'argent, décalées de ans... après un voyage de noces mémorable au pays des Aztèques, Tolteques et autres Zapoteques en 1981. Beaucoup de similitudes !

  • Que de merveilleux souvenirs!
    J'ai eu le privilège d'aller voir ces endroits fastueux, ces vestiges gigantesques au tiers de leur taille première, érodés et pourtant tournés vers le ciel.
    C'est vrai ,la côte depuis la Colombie devient peu a peu d'une aridité dure aux yeux, il y règne un vent permanent, si bien que je toussais et mon homme y avait attrapé une épouvantable conjonctivite.
    Et pourtant, tout du long de cette côté épouvantable, il y a une bande verte continue sur des centaines de kms, ininterrompue: les champs d'asperges vertes que le Pérou exporte dans le monde entier, sans discontinuer tout au long de l'année!
    Le savoir faire, tout est là': des filets étendus tout du long qui retiennent, perlent et donnent une humidité venue de l'ocean tout proche! Ça aussi c'est gigantesque!
    Mais foin de cela, les vestiges, eux étaient hors normes, les araignées peintes, de taille humaine, peu aimables qui arrachaient des têtes par dizaines, les multiples peintures de prisonniers dont les flots de sang jaillissaient, les coups de massue tout azimut, sur des personnalités de haut rang, prisonniers, tout y était reproduit en fresques immenses, et encore pleine de couleurs vibrantes.
    Je garde un souvenir grandiose de cet endroit, et ce vidéo, merci cousine, m'a replongé dans mes albums photos.
    Il y avaient quantité d'objets, du plus kitch au plus beau, dans la boutique attenante au centre de recherche. J'en ai rapporté un vase d'une grande finesse, reproduction à l'identique d'un artefact , avec la même argile, les mêmes peintures végétales ou de coquillages, une vraie beauté de pièce spéciale.....mais il y avait aussi quantité' de tshirts tous plus laids les uns que les autres, avec un grand " moche" écrit dessus:
    Aucun de nos amis n'en a acheté, absolument impossible à donner à qui que ce soit en Europe francophone!
    Quel bonheur que ce voyage, déjà lointain maintenant. Mais quelle horreur aussi pour ces humains, et quelle leçon, encore une, pour nos civilisations actuelles, toutes mortelles.

  • Merci pour vos témoignages, chers amis grands voyageurs! Il est vrai que le côté sanguinaire de ces civilisations ne cesse de nous étonner et de nous remplir d'horreur alors que leur sens artistique était si développé, leurs connaissances astronomiques, scientifiques et agricoles également...

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