Nouveau tempo libero - Page 4

  • La téloche et mes étonnantes découvertes (2)

    Après le Birobidjan, voici une autre découverte que la télévision m'a permis de faire...

    Incas, Mayas, Aztèques, ce sont les peuples les plus connus de l'Amérique pré-colombienne. On sait aujourd'hui qu'il y avait une multitude d'autres cultures dont nous avons souvent perdu la trace car elles ne pratiquaient pas la tradition écrite. Comment imaginer leur splendeur, comprendre les causes de leur affaiblissement, de leur déclin et enfin leur disparition bien avant le génocide espagnol?

    Au hasard d'un zapping sur la chaîne ARTE, j'ai découvert le peuple Moché, les Mochicas... 

    Leur capitale, surmontée d'une pyramide gigantesque, aurait été abandonnée suite à une révolte du peuple contre une vague de sacrifices humains. On note une érosion notable du monument aux alentours de l'an 600 de notre ère, ce qui correspond à un terrible épisode del Niño (déjà lui!). Pour tenter d'enrayer le phénomène climatique, les prêtres organisèrent des milliers de sacrifices humains, sans résultat. Le peuple alors se souleva et chercha à reconstruire une société libérée du pouvoir religieux sanguinaire... Sans succès, la civilisation si brillante disparut.

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    Un peu d’histoire sur la civilisation mochica

    « La côte nord du Pérou est une région aride, périodiquement dévastée par le phénomène climatique El Niño. Quand ce courant marin chaud atteint le rivage, des pluies torrentielles s'abattent et provoquent des crues catastrophiques. C'est dans cet environnement hostile qu'a prospéré la civilisation Moche (ou Mochica) entre l'an 100 et l'an 700 de notre ère. L'origine de ce peuple contemporain des Mayas est assez mystérieuse, ce qui ajoute à sa magie et à sa légende. La tradition orale prétend qu'ils seraient descendus en radeau du nord, c'est-à-dire de Colombie ou d'Amérique centrale.
    La vallée de Lambayeque, à environ 800 kilomètres au nord de Lima, fut un des centres de la culture Mochica. Les Moche étaient des grands bâtisseurs. Ils ont conçu des pyramides à degrés en adobe d'une taille stupéfiante pour l'époque. Ces constructions nécessitaient des millions et des millions de briquettes d'argile séchées au soleil.
    Comme la plupart des sociétés précolombiennes, la société Moche était très hiérarchisée. Au sommet siégeait un seigneur, considéré comme un demi-dieu. Venaient ensuite les prêtres, les guerriers, les administrateurs. Puis les artisans, les commerçants, les bâtisseurs, les pêcheurs et les paysans. Les pyramides abritaient les salles de prière et les autels sacrificiels, les espaces de vie du seigneur et des prêtres, les salles de réception et de conseil. Plus on occupait un rang important, plus on habitait près de la pyramide. Pour apaiser les dieux constamment affamés de chair et de sang, il convenait de les nourrir. Les victimes avaient soit la gorge tranchée, soit le crâne défoncé à coups de masse. Les nobles s'offraient parfois en sacrifice en se tranchant les jugulaires, des filles vierges se jetaient aussi du haut des falaises. Pour les aider à franchir le pas, elles absorbaient un philtre obtenu à partir d'un cactus des Andes riche en mescaline, qui les plongeait dans une ivresse hallucinatoire. Etre sacrifié était un honneur. L'ingratitude du littoral nord péruvien semble avoir stimulé la créativité des Moche. Ils avaient mis au point un système de culture hydraulique élaboré, leur permettant de cultiver deux fois plus de terre qu'aujourd'hui dans ces mêmes régions. Outre le maïs, ils connaissaient la pomme de terre, les quinoas riches en protéines, quantité d'autres plantes nutritives, les lamas pour la viande, et leur alimentation était bien plus riche que celle des Mayas, à la même époque. Les Moche croyaient à la vie après la mort. Ils étaient enterrés avec toutes leurs possessions. Pour leur dernier voyage, les personnages importants étaient accompagnés de leurs épouses, de leurs concubines, de leurs serviteurs et de leurs gardes, sacrifiées contre leur volonté ou non. La présence de trésors à quelques mètres sous terre fait que le paysage, vu d'avion, ressemble parfois à une zone crevassée par les bombes. Chaque excavation correspond à une tombe profanée, de nuit, par les huaqueros, les pilleurs de sépultures. C'est l'un de ces voleurs qui a découvert le plus important complexe funéraire de la culture Mochica, non loin du village de Sipán, en 1987. Un de ses comparses se souvient de la terreur sacrée qu'ils éprouvèrent tous cette nuit-là, quand ils commencèrent à remonter des masques et des bijoux en or. Ces objets somptueux furent retrouvés par la police dans la maison du chef des huaqueros et, depuis, l'archéologue Walter Alva fouille cette nécropole, considérée comme la plus grande découverte depuis celle du Machu Picchu. Une des tombes les plus riches est celle d'un personnage qui régna probablement aux alentours du IIIe siècle, à qui les chercheurs ont donné le nom de Seigneur de Sipán. Douze autres tombes appartenant à de hauts dignitaires ont été exhumées, contenant des parures, des céramiques, des masques, des poteries à effigie d'une expressivité extraordinaire. Certaines nuits, les archéologues ont dû repousser les attaques des pillards pour sauvegarder ces trésors. Ils se trouvent aujourd'hui exposés dans le Musée des Tombes royales de Sipán ».

    Voici ce documentaire étonnant!

    C'est l'archéologue belge Peter Eeckhout qui y dévoile les plus grands chantiers de ces dernières années et leurs extraordinaires découvertes. 

     

                       

  • La téloche et mes étonnantes découvertes (1)

    Lors d'une "passe d'armes" sur Facebook à propos de l'actuelle hystérie Pokemon, j'avais fait remarquer qu'à l'aube des années 80, les adultes avaient été pris d'une frénésie semblable pour la série Dallas qui vidait les rues une heure avant sa programmation. Certains refusaient même des invitations à dîner pour ne pas rater un épisode ! (pas encore beaucoup de video-recorder à l'époque).

    Là-dessus, une correspondante saisit l'os à moëlle pour proclamer victorieusement qu'elle, elle n'a pas de télévision, qu'elle fait partie de ces irréductibles chez qui ce média dégénératif n'entrera jamais... 

    J'ai vécu mon enfance et ma jeunesse sans télévision a casa ; mon frère n'étant pas un très bon élève, il ne fallait pas le distraire, avait décrété mon père. À l'époque ne l'ayant jamais regardée, elle ne m'a pas manqué. Mais j'avoue qu'aujourd'hui, j'adore! Les émissions culturelles de France 2, France 3, ARTE et France 5 m'enchantent et me font découvrir chaque jour des choses intéressantes.

    Ces deux derniers jours, par exemple, deux découvertes étonnantes, époustouflantes. Je vous en fais partager une aujourd'hui, l'autre demain.

    Hier soir, je voguais sur la Garonne entre Toulouse et Bordeaux, déjà un beau programme. Mais au milieu de l'émission Échappées belles, il y a toujours un petit entracte, une escapade au bout du monde. Et là, j'embarque dans le Transsibérien, arrêt en Birobidjan.

    Késako? Vous ne croyez pas si bien dire : un lieu improbable, une destination assez hallucinante, digne au prime abord de l'imagination d'Hergé...

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    Sur la route du Transsibérien donc, le long du fleuve Amour, à la frontière russo-chinoise, une République autonome juive, l'oblast de Birobidjan. Créé par Staline en 1934, voilà le premier état juif bien avant celui d'Israël en 1948.

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    Les motivations de Staline? Je vous laisse vous faire votre propre opinion en allant chercher les infos si cela vous intéresse... Un texte parfaitement documenté et bien intéressant de l'architecte belge Axel Fisher:

    http://www.fau.usp.br/iphs/abstractsAndPapersFiles/Sessions/24/FISHER.pdf

    Mais il y a une autre surprise dans cette histoire. On sait que "la ville blanche" de Tel-Aviv, créée en 1909 et future capitale de l'état d'Israël,  fut construite par des architectes venant d'Allemagne et d'Europe centrale très influencés par le mouvement Bauhaus, qu'ils ont ainsi construit plus de mille maisons dont 200 sont de véritables chefs-d'oeuvre classés par l'Unesco.

    À Birobidjan, il est aussi question du Bauhaus... Hannes Meyer, architecte suisse et directeur du Bauhaus de 1928 à 1930, en tant que marxiste offrit au GIPROGOR (l'institut soviétique du planning urbain) son expertise. Son projet: Comment transformer Tikhonkaya, petite ville en bordure du du chemin de fer, en la capitale soviétique du peuple juif, comment créer des modèles modernes de la culture juive en architecture? 

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     Plan de Hannes Meyer réédité par Axel Fisher

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    Un  documentaire de 2008 pour découvrir ce pays:

                                 

     

    Autre piste (je ne l'ai pas lu...): 

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    Merci à la télévision de m'avoir fait découvrir cette étonnante histoire. Et demain, il y en aura une autre, tout aussi passionnante!  

  • Le bonheur est au marché

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    Explosion de couleurs, de senteurs et de goûts. Sans oublier "l'accent" comme disait Gilbert Bécaud dans ses Marchés de Provence... Intemporelle, cette chanson ! Et avec B.B...

                    

    Nos marchés à nous, nos chouchous, c'étaient celui de Vaison-la-Romaine, le mardi et celui de Carpentras, le jeudi. On n'y achetait pas la même chose. À Vaison, le poisson, les épices, les picodons et les faisselles de chèvre, le pain rustique et les fruits. À Carpentras, le miel, les légumes, la tapenade et l'anchoiade, le poulet fermier rôti... À Vaison, il y avait aussi trois superbes étals de livres ; à Carpentras, les beaux tissus et les fleurs! Après le marché à Vaison, on se prenait un petit pastis au Bar à Thym et on rentrait a casa ou on allait pique-niquer dans les dentelles de Montmirail et on repassait dire bonjour aux amis à la cave coopérative de Gigondas. À Carpentras, on mangeait toujours au Malaga et on rentrait par Beaumes-de-Venise ou Vacqueyras, ou encore on faisait le détour par Orange et les amis de Chateauneuf-du-pape... Que du bonheur!

    Ces marchés, quel plaisir de les fréquenter au printemps et à l'automne, les commerçants avec les années étant devenus des copains qui saluaient avec chaleur amicale notre venue. En été, c'était autre chose. Fournisseurs débordés, on se saluait simplement par une clignette entendue (pour nous) et un "peuchère!" survolté (pour eux). C'était fou comme les marchés avaient aussi gonflé de toutes sortes d'échoppes attrape-touristes et de marchands flirtant avec les bordures de l'honnêteté... Ah! cette merveilleuse roue de comté qui avait fait de l'oeil à mon homme en plein cagna... Un morceau, monsieur? ben oui, un p'tit pour deux et hop, on se retrouve délestés de 25€. Difficile de rechigner au milieu d'un cercle de clients dégustant béatement les petits morceaux d'un fromage effectivement délicieux...   

    Qu'en avons-nous ri ensuite, de cette anecdote ! On s'était fait avoir comme des bleus... 

    ma-grand-mere-avait-les-memes.jpgLa Provence, ses marchés et tout le bonheur qui allait avec sont, pour un quatrième été, bien loin. Mais rangeant hier "quelques" livres, je suis tombée sur celui-ci. Philippe Delerm, je l'adore, on trouve toujours dans ses courts écrits une madeleine de Proust, un baume un rien nostalgique mais optimiste, ça croque la vie!

    Je feuillette et ô merveille, "Y a un peu plus, je laisse?" apparaît! Je lis avec gourmandise et oui, la madeleine de ce cher Marcel a marché et m'a inspiré ce post!

    Pas mauvaise fille, je partage le texte!

    Parfois c'est seulement "y a un peu plus". Mais même alors, le "Je laisse?" est sous-entendu, y compris la montée interrogative. le commerçant est devant sa balance, le regard rivé à l'écran, comme un prêtre à l'offertoire, candide et concentré. Il s'est donné du mal pour satisfaire vos désirs avec exactitude ; au milieu de quelques phrases enjouées, son sérieux est devenu légèrement ostentatoire. Pas si simple de jouer devant lui le rôle du pointilleux, non j'avais dit une livre, je n'en veux pas davantage. Bien sûr, on pourrait surjouer l'amabilité de ton pour compenser la rigueur des propos, vous seriez gentil de m'en enlever un peu s'il vous plaît. Mais on le sait. On est coincé. De toute manière, on en serait réduit à jouer le rôle du casse-pieds, et ce serait tellement peu dans la note, l'effervescence bon enfant du marché, la bonhomie de ce rapport humain que vous êtes venu chercher ici. Car vous avez un cabas à la main, ou un panier, pas un caddie. Vous n'arpentez pas des couloirs symétriques ; vous déambulez, le nez en l'air, sourire aux lèvres. Vous ne remplissez pas vous-même des sacs de plastique difficiles à ouvrir. Il vous faut un officiant ; la qualité du rapport que vous entretenez avec lui est l'essence de ce commerce authentique et déclinant dont vous vantez les mérites - moi, j'adore faire mon p'tit marché. 

    Alors il faut laisser, bien sûr, et même davantage. Manifester par votre attitude que vous ne soupçonnez pas le marchand de mauvaise foi, même si vous gardez pour vous quelques idées dont l'aigreur n'est pas de mise, c'est curieux, il n'y a jamais moins, depuis le temps qu'il pèse ses haricots, il doit commencer à maîtriser son truc, à cinq euros le kilo, il ne s'embête pas. Mais le regard s'est détaché de la balance. Pour prolonger sa déférente interrogation, il plonge dans vos yeux. Vous faites semblant d'y lire la fraîcheur du maraîcher, non la rouerie du commerçant. Des clients attendent à vos côtés, vous savez bien ce que le public espère. C'est l'heure de la jouer grand seigneur, avec une infime réticence qui vous sauve à vos propres yeux, je ne suis pas dupe mais je connais mon rôle. Une moue approbative des lèvres, une oscillation approbative du chef, un battement de paupières. "Ça ira."

    Philippe DELERM, Ma Grand-mère avait les mêmes, les dessous affriolants des petites phrases, 

    Le goût des mots, Points

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    Goûtez Philippe Delerm, savourez-le à petites doses délectables, comme de succulentes et subtiles verrines!

    Un article dans mon précédent blog sur toute la famille Delerm! (copiez le lien dans votre navigateur):

    http://tempolibero.skynetblogs.be/archive/2011/11/index.html

    Bonne lecture, les amis!  

  • Un autre Godard

    C'était il y a quelques jours, écoute un peu distraite de Musiq3 en faisant la vaisselle. Les corvées passent mieux en bonne compagnie! Et bonne compagnie, il y eut, plus que je ne l'imaginais...

    Cela commença par cet air, mélodie devenue un rien sirupeuse par la voix de tout bon tenorino qui se respecte et par tout autre instrumentiste pataugeant un rien dans la guimauve... Écoutez! 

     Benjamin Godard, lisez-vous. Ce n'est pas l'instrumentiste, c'est le compositeur.

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    Benjamin Godard (1849-1895) fut élève du conservatoire de Paris où il étudia le violon avec Henri Vieuxtemps. Sa production? Compositeur d'opéras : Les Bijoux de Zalamea (Anvers, 1884), Jocelyn, d 'après le poème de Lamartine (Bruxelles, 1888), Dante (Paris, 1890), La Vivandière (Paris, 1895) et Les Guelfes (Rouen 1902) ; mais également des symphonies: la Symphonie gothique, la Symphonie orientale, la Symphonie légendaire. On y ajoutera des concertos pour violon et piano, des sonates pour piano et violon et piano et violoncelle, de très nombreuses mélodies.

    Atteint de tuberculose, il se retira sur la Côte d'Azur où il mourut à l'âge de 45 ans. Outre les opéras posthumes, des éditeurs firent paraître également des recueils pour piano.

    Il connut une gloire certaine : des bustes, des statues et une rue dans le 16ème arrondissement de Paris en témoignent (hier et aujourd'hui).

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    Mais quoi ou qui, me direz-vous, a attiré mon attention sur ce compositeur que certains qualifient de Brahms ou de Chopin français? 

    C'est notre pianiste Éliane Reyes, l'invitée de cette émission de Musiq3 que j'écoutais, les mains dans l'eau romantiquement savonneuse.

    Elle le connaît sur le bout des doigts, lui ayant consacré deux CD:

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    Vous voulez en savoir plus?

    Une bien belle interview de cette pianiste...

    http://www.tutti-magazine.fr/news/page/Eliane-Reyes-pianiste-Benjamin-Godard-Nicolas-Bacri-Interview-fr/

    Et puis une rétrospective vénitienne :  

    http://www.bru-zane.com/?page_id=16191&lang=fr 

    (comme d'habitude, copiez les liens, ils sont inactifs dans le blog...)

     Bonne découverte à tous!

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  • Damier tridimensionnel mais pas que...

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    De nombreux monuments historiques arborent sur leurs façades des damiers très esthétiques composés de pierres calcaire et de briques comme ici le château de Rumilly (à gauche) et le château Saint-Germain de Livet (à droite).

    gibelet-boutisses.jpgLe côté esthétique que nous apprécions aujourd'hui n'était pas au départ le but recherché. La technique fut inventée dans la grande zone sismique d'Orient autour du Liban. Entre les Xème et  XIIIème siècles, on réutilisa les colonnes antiques en boutisse, imbriquées en sorte que leur plus grande dimension se trouve placée dans le sens de l'épaisseur des murs afin de mieux les stabiliser (comme ici, sur le site de Gibelet). 

    À un quart d'heure de Liège, un château hesbignon utilise le damier. C'est le merveilleux château de Jehay.

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    37412637.jpgCe bâtiment jouit d'une réputation mondiale car il est le seul exemple en Europe à être couvert d'un damier alliant la pierre calcaire et un appareillage de grès brun, et non de briques. De plus, le motif est irrégulier, créant ainsi un aspect fuyant et très original. 

    Quelle est l'histoire de ce château?

    On trouve la trace de cette seigneurie proche de l'ancienne voie romaine vers Tongres après l'an mil. Elle était peut-être habitée par un certain Jehan, Jehaing ou Jahin qui devint Jehay. Elle passa aux Awans, aux de Lexhy, à Wathieu d'Athin ; au XVème siècle, aux de Falloise et aux de Sart. En 1492, une certaine Jehanne de Sart se maria avec Arnould de Mérode. Durant plus de deux siècles, le château fut la possession de la famille de Mérode et de grandes restaurations eurent lieu. Vers 1550, le château reçut sa forme actuelle, style gothico-Renaissance (les anciennes fondations et les caves ont été gardées). En 1680, Ferdinand-Maximilien de Mérode vendit le château à François de Gand-Vilain van den Steen. Près de 300 ans plus tard, le comte Guy van den Steen (1905-1999) le vendit à son tour en viager à la Province de Liège qui à son décès, en devint définitivement propriétaire.

     

     

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    Les douves dessinent trois îlots: le château, la chapelle et la ferme castrale.

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    Les douves furent vidées l'an dernier afin de constater l'état des fondations et la restauration complète du château a commencé, rendant sa visite impossible. Mais le temps pressait pour préserver l'impressionnante collection d'oeuvres d'art réunie par le dernier comte : mobilier (dont un piano de 1780), tapisseries, argenteries, cristaux, orfèvreries, dentelles, boîtes à musique... sans oublier une vaste bibliothèque de vieux livres aux magnifiques reliures. Dans les caves, est exposée la plus belle collection archéo-spéléologique privée d'Europe.

    Se promener dans le jardin, lui aussi restauré il y a peu, est un véritable enchantement. On ira au jardin clos avec ses roses anciennes, ses simples, sa vigne, ses arbustes à petits fruits, ses fleurs chatoyantes, ses hôtels à insectes...

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    Il y a aussi la grande allée et ses cascades aux nymphes, sculptures plus que coquines du comte...

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    P1080472.JPGLa glacière insondable, la forêt et ses mystères...

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    Les charmilles, les jardins à l'italienne...

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    Notre visite fut agrémentée du vernissage de l'exposition "Arts et Métaux" avec quelques installations parfois étonnantes !

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     Nous y retournerons, en automne par exemple. Même si le temps de ces derniers jours, hum...

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    Beaucoup d'autres photos de ce lieu exceptionnel dans l'album ci-contre (une fois l'album ouvert, cliquez sur la 1ère photo du pêle-mêle et vous les verrez en grand)! Regardez, vous n'aurez qu'une envie: y aller ou y retourner ! Bonne visite, les amis!