Nouveau tempo libero - Page 5

  • Y a pas que l'arcade...

    Enfant, mes vacances étaient souvent bruxelloises : à Etterbeek, en contrebas du Cinquantenaire, chez mes oncle et tante.

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    C'est donc un endroit que je connais très bien de l'extérieur, j'y faisais du patin à roulettes, nous allions souvent nous promener vers la mosquée qui était une curiosité à l'époque, et nous supervisions les expropriations puis les fondations du futur Berlaymont.

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    4.P1060787.JPGMais aujourd'hui dans le complexe qui jouxte l'arcade proprement dite, il existe de nombreux endroits dignes d'intérêt : l'autoworld, le musée de l'air et le musée du Cinquantenaire. Ce dernier présente des expos temporaires comme celle que nous avons visitée. Exceptionnelle!

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    Mais aussi bien d'autres choses!

    "Il présente les activités humaines et artistiques des cinq continents – hormis l’Afrique noire –, de la Préhistoire à nos jours. Les collections remplissent quatre bâtiments et sont regroupées en quatre départements: l’Antiquité, les civilisations extra-européennes, l’archéologie nationale et les arts décoratifs européens."

    P1060998.JPGCet énorme totem amérindien vous accueille dès le péristyle d'un bâtiment monumental construit sous Léopold II, en apparence un peu désuet quand on le compare aux concepts muséaux d'aujourd'hui.  Ah! on est loin de Beaubourg, de la Fondation Vuitton ou du musée des Confluences...

    Et pourtant, dès 1922, on y organisait des programmes éducatifs et on y installa un magasin d'illustrations d'art. En 1925, l’égyptologue Jean Capart en devint le conservateur et en fit une institution scientifique de premier plan.

    La Belgique était riche à l'époque et l'entre-deux-guerres fut une période faste pour l'agrandissement des collections et la naissance de divers centres d’études (Fondation égyptologique Reine Élisabeth, Société des américanistes, Institut des hautes études chinoises…). Le navire-école Mercator partit également pour plusieurs expéditions scientifiques, notamment celle d'Henry Lavachery à l'île de Pâques en 1935.

    Comme dans les musées français, ces exceptionnelles collections furent cachées pendant la 2ème guerre mondiale. Mais un terrible incendie ruina une bonne partie d'entre elles en février 1946. Il fallut plus de vingt ans pour reconstruire et réaménager l'ensemble.

    Ces immenses espaces colossaux et un rien écrasants permettaient des mises en scène qui laissent pantois les visiteurs d'aujourd'hui.

    Après l'exposition "Sarcophages", notre guide-professeur proposa à ceux qui le désiraient de grimper au P1070058.JPG 2ème étage. Un bonus pour les courageux après déjà plus de quatre heures de visite, car il sélectionnerait quelques pièces égyptiennes particulièrement intéressantes et les expliquerait. Nous fûmes trois ou quatre à lui emboîter le pas et au détour d'un couloir... Mon coeur d'amoureuse de l'époque gréco-romaine s'emballa! Mais le professeur a déjà escaladé les deux étages, il faut faire vite, le musée ferme à 17h!

    Quel spectacle! Vite, une nouvelle batterie dans mon appareil et que je me lâche!

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    J'aime les photos graphiques, les lignes et les courbes structurées...

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    Notre guide-professeur tint parole et nous présenta quelques pièces... Il y en a des milliers d'autres, rien qu'en égyptologie!

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    P1070089.JPGIl y a encore le mastaba hélas défiguré à jamais pas l'incendie, des trésors grands et petits, minuscules parfois à profusion... et nous nous sommes juste promenées à toute vitesse dans une petite partie de la section Égypte. Il paraît que la section grecque a une collection de vases spectaculaires et Septime Sévère nous accueille à Rome... 

    Ah, les beaux dimanches que nous allons passer en déambulant dans les vestiges de l'antiquité! 

    Et puis il y aura les autres départements, de quoi s'en mettre plein les mirettes à deux pas de chez nous!

    Le musée du Cinquantenaire, quelle merveilleuse découverte!

    Courez, galopez-y!

     

    http://www.kmkg-mrah.be/fr/bienvenue-au-mus%C3%A9e-du-cinquantenaire

     Et n'hésitez pas à lire l'article de Wikipédia, intéressant!

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  • D'art et d'amour

    Avoir plusieurs casquettes artistiques n'est jamais simple mais toujours enrichissant pour l'artiste, tout comme pour son public. Peintre et sculpteur, écrivain et réalisateur, danseur et chorégraphe, c'est assez fréquent. 

    L'artiste que je voudrais vous faire découvrir est musicienne et écrivaine ; plus original, non?  

    Musicienne de bientôt 40 ans, elle a réalisé le parcours d'une jeune violoniste douée. Partie boursière à Boston, devenue violon solo du N.E.C. Symphony Orchestra, venue se spécialiser à Bruxelles en musique ancienne avec Sigiwald Kuijken. Elle se produit ensuite régulièrement avec Les Talents Lyriques, Les Musiciens du Louvre, Le Concert Spirituel et La Petite Bande. Elle fonde aussi l'ensemble baroque L'Yriade avec le ténor Cyril Auvity. Écoutons-les, elle est au violon.


    Mais Léonor de Récondo a un autre talent, elle est écrivaine. C'est à ce titre que je l'ai découverte. J'ai acheté un de ses livres "Pietra viva", captée par la couverture et par le sujet : Michel-Ange.  

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    "D'art et d'amour", cet air tiré de l'opéra Tosca, me semble un beau résumé de ce livre inclassable et bouleversant.

    Le grand Michelangelo séjourne à Carrare afin de choisir le marbre pour le tombeau que le pape lui a commandé. Il y est en proie au doute de l'artiste mais aussi à l'amour sous trois formes.

    L'amour d'Andrea perdu dramatiquement, l'amour des gens humbles de Carrare, l'amour d'un petit orphelin qui va transformer le sculpteur misanthrope en un homme heureux. Il y a aura des étapes, des clés qui conduiront Michelangelo vers l'introspection et l'apaisement.     

    "Entre 4 et 14 ans, j’ai passé tous mes étés à Pietra Santa, un village toscan près de Carrare. Ces vacances italiennes, la lumière, la montagne et la liberté de gambader du matin au soir sont gravées en moi comme des moments magiques », sourit Léonor de Récondo.  On sait que, en 1505, Michel-Ange est venu à Carrare choisir les blocs de marbre destinés au tombeau de Jules II. Une commande du pape mécène à un sculpteur de 30 ans, dont le génie avait déjà saisi ses contemporains grâce à la Pietà de Rome et au David florentin, poursuit Léonor de Récondo.À partir de ce fait avéré et de quelques autres, j’ai bâti un récit sur la force de l’art. » 

    Par son métier de musicienne baroque et par la personnalité de Michelangelo, on pourrait s'attendre à un récit qui nous emmène dans la redondance, la démesure comme la musculature des sculptures de Michelangelo. Mais au contraire, c'est un récit serré, économe, concentré. Tellement frémissant qu'il en naît une sensualité brûlante dans sa sobriété villageoise er monacale. 

    Michelangelo n'y apparaît pas comme un personnage sympathique : il est bougon, négligé et sale, misanthrope, colérique, avare. La création le soulage de tout, même s'il reste hanté par la mort de sa mère. Son aventure humaine, sa misère psychologique nous prend aux tripes et on le voudrait tellement heureux, vivant d'art et d'amour! Le soulagement : libérer les personnages de son imaginaire de leur gangue de pierre et les faire vivre.

    La pietra viva, enfin...

  • Des indices et Modiano

    Ce soir sur France 2, retransmission du film "Le Chapeau de Mitterrand". On dit le plus grand bien de l'adaptation de ce livre d'Antoine Laurain dont je vous avais parlé il y a presque 4 ans.

    http://nouveautempolibero.skynetblogs.be/archive/2012/03/18/le-chapeau-voyageur.html

    (si le lien ne marche pas, ce qui semble être le cas sans raison apparente, copiez-le dans votre navigateur, il fonctionne alors...) 

    Je viens de relire cette critique et j'en suis ravie. J'étais littéralement enchantée de ma lecture, de cette belle trouvaille de l'auteur, et cet enchantement reste profondément ancré dans ma mémoire de lectrice. Comme un livre bonheur.

     

    41vJ1HRS9JL._SX307_BO1,204,203,200_.jpgAussi ai-je hésité à acheter et à lire La Femme au carnet rouge du même auteur. j'ai tourné autour, je l'ai flairé et puis j'ai plongé...

    Quel délice cette fois encore!

    Laurent, libraire de son état, trouve un matin un sac à main abandonné sur une poubelle. Qui en est la propriétaire? Il se lance alors dans une enquête. Ses indices  : un miroir, un parfum, des photos, un ticket de pressing, une barrette à cheveux, un livre dédicacé par Patrick Modiano et un carnet rouge dans lequel une certaine Laure écrit ses pensées...

    Cette Laure ne tarde pas à le fasciner. Il n'y a pas plus intime que le contenu d'un sac de dame et puis sans la connaître, il a lu bien de ses pensées dans le fameux carnet. Une lente séduction va alors s'opérer...

    On s'attache à Laurent, on voudrait que son jeu de piste le mène vers le bonheur ! 

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    Cette fois encore, quel joli livre ! Vif, alerte, bon pour le moral. Il y a de l'humour, de l'émotion, une incroyable douceur. Et puis la traque de Modiano dans le jardin du Luxembourg...

    Un seul regret : trop court!

  • Un de plus...

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    Bonne et heureuse année

    à vous tous amis lecteurs ainsi qu'à vos familles.

    Il y aura 366 jours, un de plus, pour partager amicalement ce blog! 

  • Kathleen, une étonnante fulgurance

    Dans notre approche contemporaine du chant, il est parfois difficile de voir dédier à des femmes des rôles masculins. Cherubino des Nozze di Figaro, pas de problème, c'est un adolescent. Tout comme Octavian, son double chez Richard Strauss même si les rapports avec la Marschallin sont déjà bien ambigus. Quand il s'agit du rôle de Roméo dans I Capuletti e I Montecchi de Bellini interprété par une femme, on frise pour certains la limite de la crédibilité. Le bel canto est pris à son propre piège. On peut certes argumenter qu'à l'époque la voix de ténor propre au héros romantique n'était pas celle que nous connaissons...  Cecilia Bartoli, Joyce di Donato et Elina Garança sont les garantes actuelles de cet art du chant, soutenues par d'éminentes études musicologiques.

    Le chant baroque a, quant à lui, réussi sa révolution grâce aux contre-ténors qui ont fait renaître l'art des castrats. Par les moyens vocaux de la seule voix de tête (heureusement pour eux...), nous redécouvrons une tradition de virtuosité perdue mais ausi une certaine ambiguité sexuelle vocale qui plaisait à nos ancêtres.

    Mais entre les derniers castrats du début du 20ème siècle et notre époque de redécouverte baroque, les grandes partitions de Bach et de Haendel furent interprétées par des voix féminines hors-normes comme celle de Kathleen Ferrier.

    "Sa voix de contralto, reconnaissable entre toute, son attitude simple et directe, ont ému les scènes du monde entier, popularisé l'art lyrique et ont fait d'elle une cantatrice adulée en Grande-Bretagne, son pays natal. Le chef d'orchestre allemand Bruno Walter disait que ses deux plus grandes expériences musicales furent la rencontre de Ferrier et Mahler, "dans cet ordre", précisait-il. Pourtant, les débuts de Kathleen Ferrier furent difficiles. Quand elle voulut rejoindre le chœur de son école, on lui conseilla de ne pas chanter fort, car on jugeait sa voix très rauque. Issue d'un milieu modeste, elle arrêta les études à 14 ans pour devenir téléphoniste, mais profitait de ses loisirs pour jouer du piano. Ce n'est qu'à 25 ans qu'elle se découvre un don pour le chant. Elle se produit alors dans les concerts locaux et y trouve un exutoire à un mariage désastreux. Sa carrière internationale ne démarre qu'en 1946, à l'âge de 30 ans, mais sera fulgurante, avant qu'un cancer ne l'emporte huit ans plus tard. Portée par un souffle généreux, cette voix à la tessiture androgyne, troublante pour l'époque, lui permit d'interpréter le rôle d'Orphée dans l'opéra de Gluck. Mais c'est avant tout dans les lieder de Bach, Brahms, Schubert et surtout de Mahler, qu'elle fit merveille. Un an avant sa mort, elle interpréta, sous la direction de Bruno Walter, une version magistrale du Chant de la terre, qui fait référence aujourd'hui. "

    Un enregistrement sous la direction de Karajan, un Bach bouleversant...

     

    Bist du bei mir...

     

    Mahler et Bruno Walter, comme un certain monde révolu...

     

    Courez à sa rencontre et écoutez Brahms, vous l'aimerez! Mais elle chanta aussi Pergolese, Glück et Haendel... 

          

    Kathleen Ferrier (1912-1953), on devient addict de cette voix unique! C'est comme une force tellurique qui vous prend aux tripes! Avec elle, on vit dangereusement et c'est toujours étonnant et passionnant... Un envoûtant mystère.

    Bonne découverte à tous. 

    www.kathleenferrier.org.uk